Proche aidant rendant visite à sa mère âgée dans l'espace commun lumineux d'un EHPAD parisien
Publié le 3 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un médecin gériatre ou d’un assistant social spécialisé. Les tarifs et disponibilités mentionnés sont indicatifs et varient selon les établissements.

Quand la famille de Martine m’a appelé, elle était débordée. Sa mère venait de chuter, l’hôpital pressait pour une sortie, et personne ne savait par où commencer. Trois refus d’admission plus tard, elle m’a avoué : « J’aurais aimé savoir tout ça avant. » Cette situation, je la rencontre chaque semaine. À Paris, trouver une place en EHPAD relève du parcours du combattant : 79 établissements pour des milliers de demandes, des tarifs qui oscillent entre 2 500 et 5 000 € par mois, et une culpabilité qui vous ronge à chaque étape. Ce guide vous donne les clés que j’aurais aimé transmettre à Martine dès le premier jour.

L’essentiel pour choisir un EHPAD à Paris en 60 secondes

  • Vérifiez le ratio soignants/résidents avant le prix (l’erreur la plus coûteuse)
  • Visitez toujours à l’heure du déjeuner pour voir le fonctionnement réel
  • Préparez votre dossier médical complet avant les visites (évite 3-5 semaines de retard)
  • Comptez 2 500 à 5 000 €/mois à Paris, partiellement couvert par l’APA si vos revenus sont inférieurs à 2 847 €

Les 5 critères qui font vraiment la différence à Paris

Dans les familles que j’accompagne en Île-de-France, l’erreur la plus fréquente consiste à se focaliser sur le tarif affiché sans vérifier le taux d’encadrement. Sur les dossiers que j’ai traités ces quatre dernières années, ça aboutit souvent à une demande de transfert dans les six mois. Avec des frais supplémentaires qui tournent autour de 2 500 € (nouveau dépôt de garantie, déménagement, stress du proche). Ce constat est limité à Paris et première couronne.

L’accompagnement par un professionnel permet d’éviter les pièges classiques



Franchement, je déconseille de perdre du temps sur les critères secondaires (qualité du jardin, fréquence des animations). Concentrez-vous sur ces cinq points qui déterminent vraiment le quotidien de votre proche. Selon les indicateurs de transparence obligatoires depuis 2022, cinq informations sont désormais publiées pour chaque établissement : profil des chambres, places habilitées aide sociale, équipements plateau technique, présence infirmière de nuit, médecin coordonnateur.

EHPAD, unité Alzheimer ou résidence senior : 3 questions pour trancher

  • Votre proche est-il encore autonome pour les gestes du quotidien (toilette, repas) ?
    Si oui (GIR 5-6) → La résidence senior suffit généralement, avec services à la carte.
  • Présente-t-il des troubles cognitifs avancés (désorientation, fugues) ?
    Si oui → L’unité Alzheimer protégée devient indispensable pour sa sécurité.
  • Nécessite-t-il des soins médicaux quotidiens (perfusions, pansements complexes) ?
    Si oui → Privilégiez un EHPAD avec plateau technique renforcé et présence infirmière de nuit.
  • Le budget est-il limité à moins de 2 000 €/mois après aides ?
    Orientez-vous vers les établissements habilités aide sociale (62% des places à Paris).

Le ratio soignants/résidents reste le critère le plus difficile à obtenir. Posez la question directement au directeur lors de la visite. Un établissement qui refuse de répondre cache souvent un sous-effectif. Dans ma pratique, je considère qu’un ratio inférieur à 0,6 équivalent temps plein par résident mérite d’être questionné.

Les 3 pièges qui coûtent cher aux familles

  • Choisir l’établissement le plus proche sans vérifier les disponibilités réelles (attente parfois supérieure à 6 mois)
  • Négliger la question de l’habilitation aide sociale (l’ASH peut être récupérée sur succession)
  • Signer avant d’avoir comparé au moins 3 établissements sur place

Mon avis, qui n’engage que moi : le prix ne devrait jamais être votre premier critère de sélection. J’ai vu des familles économiser 300 € par mois pour se retrouver avec un proche malheureux et un transfert à organiser en urgence. Le vrai coût, c’est celui de l’inadaptation.

EHPAD médicalisé, unité Alzheimer ou résidence senior : lequel pour votre proche ?

La confusion entre ces trois types d’établissements génère la moitié des erreurs d’orientation que je constate. Selon les données de la Ville de Paris, la capitale compte 79 EHPAD dont 15 établissements publics. Mais tous ne répondent pas aux mêmes besoins. Comprendre les différences vous évitera de perdre des semaines sur des pistes inadaptées.

L’EHPAD médicalisé classique : pour qui exactement ?

L’EHPAD s’adresse aux personnes âgées dont le maintien à domicile n’est plus possible. On parle généralement des profils GIR 1 à 4, c’est-à-dire présentant une perte d’autonomie significative. Une équipe soignante assure les soins quotidiens : aide-soignants, infirmiers, médecin coordonnateur. Le tarif se décompose en trois parties distinctes : hébergement (à votre charge), dépendance (partiellement couvert par l’APA), et soins (pris en charge par l’Assurance maladie).

Pour consulter les EHPAD disponibles à Paris 12ème ou dans un autre arrondissement, je recommande de commencer par les établissements habilités aide sociale si votre budget est contraint. À Paris, 62% des places bénéficient de cette habilitation.

L’unité Alzheimer : quand devient-elle indispensable ?

Les unités protégées accueillent spécifiquement les résidents atteints de troubles cognitifs avancés. Elles disposent de systèmes de sécurisation adaptés : portes à digicode, déambulation sécurisée, personnel formé aux techniques de communication non violente. Le surcoût tourne généralement autour de 200 à 400 € par mois par rapport à un EHPAD classique.

Soyons clairs : le diagnostic médical ne suffit pas toujours à décider. J’ai accompagné des familles dont le proche avait un Alzheimer débutant et s’adaptait parfaitement en unité classique. À l’inverse, certains profils nécessitent une unité protégée dès les premiers signes de fugue ou d’agressivité. La décision dépend du comportement réel, pas uniquement du stade diagnostiqué.

La résidence senior : l’alternative si l’autonomie est préservée

La résidence senior n’est pas un EHPAD. Aucune équipe médicale permanente, des services à la carte (restauration, ménage, animations), et une totale liberté de mouvement. Elle convient aux personnes encore autonomes (GIR 5-6) qui souhaitent rompre l’isolement sans renoncer à leur indépendance. Les tarifs parisiens démarrent autour de 1 500 € par mois pour un studio.

Ce récapitulatif synthétise les différences essentielles entre les trois types de structures. Chaque ligne présente un critère discriminant pour orienter votre choix.

EHPAD vs résidence senior vs unité Alzheimer : le comparatif
Critère EHPAD classique Unité Alzheimer Résidence senior
Public cible (GIR) GIR 1-4 GIR 1-3 avec troubles cognitifs GIR 5-6 (autonomes)
Soins médicaux inclus Oui (équipe 24h/24) Oui + personnel formé Alzheimer Non (intervenants externes)
Prix moyen Paris 2 500-4 000 €/mois 2 800-4 500 €/mois 1 500-2 500 €/mois
Sécurisation espace Standard Renforcée (digicode, déambulation) Aucune
Éligibilité APA Oui Oui Non

Concernant les aides financières, les données officielles 2026 de l’APA en établissement indiquent un seuil de revenus à 2 846,77 € par mois. Si vos revenus sont inférieurs, vous ne payez que le tarif GIR 5-6, l’APA prenant en charge la différence avec votre tarif dépendance réel.

Ce que je vérifie systématiquement lors d’une visite

Le moment du repas révèle beaucoup sur le fonctionnement réel d’un établissement



Je recommande toujours de visiter à l’heure du déjeuner. C’est là qu’on voit vraiment comment fonctionne l’établissement : le personnel est-il suffisant ? Les résidents sont-ils accompagnés avec patience ? Les plateaux arrivent-ils chauds ? Cette observation de trente minutes en dit plus que toutes les plaquettes commerciales.

Le dossier de Martine : 5 semaines perdues par manque de préparation

J’ai accompagné Martine en 2023, cadre dans l’assurance, 58 ans. Elle cherchait un EHPAD dans le 12ème arrondissement pour sa mère de 84 ans, GIR 3, avec un début de troubles cognitifs. Trois établissements ont refusé son dossier. Le motif ? L’attestation du médecin traitant était incomplète. Résultat : cinq semaines de délai supplémentaire pendant lesquelles sa mère est restée hospitalisée. La solution a été de reconstituer le dossier avec le médecin coordonnateur de l’EHPAD visé. Morale : préparez tous les documents médicaux avant même de programmer les visites.

La chronologie typique que j’observe sur le terrain parisien ressemble à ceci : premier contact famille, puis présélection de cinq ou six établissements sous une semaine, ensuite deux à trois visites sur quinze jours, dépôt du dossier complet vers J+30, réponse de la commission d’admission entre J+45 et J+90, et entrée effective selon la première place disponible.

15 points à vérifier le jour de votre visite


  • Demander le ratio soignants/résidents (refus de répondre = signal d’alerte)

  • Vérifier la présence d’un infirmier de nuit (pas seulement une astreinte téléphonique)

  • Observer l’ambiance sonore dans les couloirs (cris, sonnettes qui restent sans réponse)

  • Demander à voir une chambre occupée (pas seulement la chambre témoin)

  • Consulter le dernier rapport d’évaluation affiché (obligatoire depuis 2022)

Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres points méritent attention selon le profil de votre proche : accès au jardin pour les déambulants, politique de contention, fréquence des animations. Mais ces cinq éléments constituent le socle minimum à vérifier.

Attention au piège classique du bel établissement neuf. Les locaux flambants neufs ne garantissent rien sur la qualité de l’accompagnement humain. J’ai visité des EHPAD vétustes où le personnel connaissait chaque résident par son prénom, et des établissements dernier cri où les équipes changeaient toutes les semaines.

Vos questions sur le choix d’un EHPAD à Paris

Combien coûte réellement un EHPAD à Paris après les aides ?

Comptez entre 2 500 et 5 000 € par mois pour le tarif affiché. Si vos revenus sont inférieurs au seuil de 2 847 € mensuels, l’APA prend en charge une partie du tarif dépendance. L’ASH peut compléter pour les personnes aux ressources modestes, mais attention : elle est récupérable sur la succession. Sur le terrain, le reste à charge moyen que j’observe tourne autour de 1 800 à 2 500 € après aides pour un GIR 3. Selon l’arrêté du 23 décembre 2024, les tarifs ne peuvent augmenter de plus de 3,21 % en 2025.

Combien de temps faut-il attendre pour avoir une place à Paris ?

Sur le papier, les établissements annoncent souvent un à trois mois. La réalité parisienne est plus nuancée. Pour un GIR 1-2 (forte dépendance), les places se libèrent plus rapidement. Pour un GIR 3-4 encore relativement autonome, j’observe des délais de trois à six mois dans les arrondissements prisés. Mon conseil : déposez votre dossier dans cinq ou six établissements simultanément pour multiplier vos chances.

Comment savoir si un EHPAD traite bien ses résidents ?

Aucun indicateur officiel ne mesure directement la bientraitance. Mais plusieurs signaux aident à évaluer la qualité humaine : la stabilité des équipes (demandez le turnover), la réactivité aux sonnettes d’appel pendant votre visite, la façon dont le personnel s’adresse aux résidents (prénom ou numéro de chambre ?). N’hésitez pas à discuter avec les familles présentes dans les espaces communs. Leur ressenti vaut tous les labels.

Peut-on changer d’EHPAD si le premier choix ne convient pas ?

Oui, le transfert est toujours possible. Mais il a un coût : nouveau dépôt de garantie (comptez 2 000 à 3 000 €), déménagement, stress pour votre proche qui doit se réadapter. Dans les dossiers que je traite, les transferts interviennent généralement dans les six premiers mois quand l’établissement initial a été choisi trop vite. D’où l’importance de prendre le temps de bien comparer avant de signer.

Est-ce normal de culpabiliser de placer son parent en EHPAD ?

Absolument. Je ne connais pas une seule famille qui n’ait pas traversé cette phase. La culpabilité fait partie du processus. Ce qui aide : se rappeler que le maintien à domicile n’est pas toujours synonyme de bien-être pour votre proche. Un EHPAD adapté peut lui offrir une présence humaine 24 heures sur 24, une stimulation sociale, et des soins que vous ne pouvez pas assurer seul. Placer n’est pas abandonner. C’est déléguer à des professionnels ce que vous ne pouvez plus faire.

Le mot de la fin

Plutôt que de chercher l’EHPAD parfait (qui n’existe pas), cherchez celui où vous vous sentez accueilli dès la première visite. Où le personnel prend le temps de répondre à vos questions sans vous presser. Où votre proche pourra conserver ses habitudes et sa dignité.

Posez-vous cette question pour la suite : avez-vous déjà identifié les trois établissements que vous souhaitez visiter en priorité ? Si ce n’est pas le cas, commencez par les EHPAD habilités aide sociale de l’arrondissement le plus accessible depuis votre domicile ou votre lieu de travail. C’est le premier pas concret.

Précautions avant de vous engager

  • Les tarifs indiqués sont des moyennes Paris 2024-2025 et varient selon l’arrondissement et le standing
  • Les délais d’attente dépendent du niveau de dépendance GIR et des places disponibles
  • Chaque situation médicale nécessite une évaluation personnalisée par le médecin coordonnateur

En cas de doute, contactez le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) de votre arrondissement ou un conseiller spécialisé en hébergement pour personnes âgées.

Rédigé par Philippe Garnier, conseiller spécialisé en hébergement pour personnes âgées depuis 2018. Il accompagne chaque année plus de 80 familles franciliennes dans leur recherche d'EHPAD ou de résidence senior adaptée. Son expertise porte sur l'évaluation des établissements parisiens, la constitution des dossiers d'admission et l'optimisation des aides financières (APA, ASH). Il intervient régulièrement auprès des CLIC et MAIA de Paris pour former les aidants familiaux.